La Programmation Neuro-Linguistique (PNL) est souvent perçue comme une boîte à outils pragmatique pour améliorer la communication et le développement personnel. Cependant, il est intéressant d’explorer cette discipline à travers une distinction philosophique moins courante : celle qui distingue les principes apolliniens et dionysiaques, tirés des figures mythologiques de la Grèce antique, Apollon et Dionysos. Cette perspective peut enrichir notre compréhension de la PNL en révélant ses dimensions cachées et ses tensions internes.
Apollon vs. Dionysos : ordre et chaos
Les adjectifs “apollinien” et “dionysiaque” proviennent des divinités grecques Apollon et Dionysos. Apollon représente la beauté, l’ordre, la symétrie, l’harmonie et la maîtrise. Il incarne la raison, la clarté et l’esthétique classique. En revanche, Dionysos est le dieu de l’ivresse et de l’excès. Il symbolise la démesure, la passion, le chaos et l’énergie vitale brute. Ces deux principes opposés nous offrent une grille de lecture intéressante pour analyser la PNL.
La genèse de la PNL : un équilibre entre deux mondes
La PNL est née dans les années 70 en Californie, dans un contexte anticonformiste. Les étudiants de l’époque, inspirés par Fritz Perls, opéraient dans un climat où tout semblait possible, une époque véritablement dionysiaque. John Grinder, professeur de linguistique, apporta ensuite de la structure à cette effervescence en introduisant la modélisation : « Montre-moi ce que tu fais, je t’expliquerai comment tu le fais ». Ainsi, Richard Bandler incarnait l’esprit dionysiaque, tandis que Grinder jouait un rôle apollinien, en structurant les intuitions de Bandler.
L’évolution de la PNL : du chaos à l’ordre
Avec le temps, la PNL a évolué, passant de l’univers académique à une dimension commerciale, marquée par l’expansion dionysiaque. Des personnalités comme Anthony Robbins ont fait des promesses de pouvoir illimité.
Face au chaos croissant, Bandler a tenté de reprendre le contrôle, mais sans succès. La PNL était déjà tombée dans le domaine public. Mais la dimension apollinienne n’avait pas dit son dernier mot. Des figures comme Robert Dilts et Anne Linden ont formalisé et structuré les certifications, domestiquant ainsi la PNL pour en faire une approche plus académique et acceptable.
Apollon et Dionysos dans la pratique de la PNL
Dans la pratique de la PNL, appliquer strictement les modèles enseignés dans les formations certifiantes relève de l’apollinien. Cependant, pour saisir l’essence de la PNL, il est crucial de comprendre la modélisation, qui comprend une dimension artistique et créative très dionysiaque pour ensuite identifier et formaliser la structure subjective de la compétence modélisée, transformant ainsi le chaos initial en une forme structurée qui cédera ensuite le relais, une fois le modèle élaboré, à une approche dionysiaque, en embrassant la vitalité et la subjectivité de l’individu, déstructurant ainsi le modèle rigide pour l’adapter à la réalité vécue.
Une PNL trop policée ?
Aujourd’hui, la PNL me semble devenue un peu trop policée. La fantaisie et la provocation des premières années a élimé l’énergie et la magie d’autrefois. Elle promet de dompter nos énergies dionysiaques avec des techniques bien établies, mais néglige souvent la nécessité de revenir au chaotique pour provoquer un véritable changement. Pour redonner à la PNL sa vitalité, il est crucial de réintégrer Dionysos, de sortir des salles de cours et de provoquer le changement de manière dynamique et créative.
Pour un retour à la créativité
Pour redonner à la PNL sa vitalité, il est crucial de réintégrer Dionysos, de sortir des salles de cours et de provoquer le changement de manière dynamique et créative. Une manière puissante de le faire est par la création de communautés ouvertes, où chaque praticien devient un créateur de modèles, s’inscrivant dans une logique comparable à celle du monde des logiciels libres, comme Linux. Dans ce cadre, la PNL se développe de manière collaborative plutôt que centralisée, chaque membre apportant ses expériences, innovations et perspectives uniques. Ce modèle communautaire favorise une réappropriation collective de la création de modèles, rendant la PNL plus dynamique, adaptable et riche en diversité. En créant un environnement où les praticiens échangent, expérimentent et innovent ensemble, nous assurons que la PNL reste vivante et connectée aux besoins réels des individus.
Il est temps de réinviter Dionysos dans la PNL, de bousculer les structures et de redevenir des acteurs plutôt que des consommateurs de la PNL. La modélisation, compétence naturelle et accessible à tous, doit être au centre des formations, travaillant sur les croyances limitantes qui empêchent de réaliser ce potentiel. C’est la vision que poursuit l’Atelier PNL.
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