La Méta-PNL

L’évolution de notre mode de vie généré malaises et pertes de repères.

Cette demande de réponses, de solutions, de remèdes très forte a généré une offre pléthorique de formations, de séminaires, d’ateliers, de méthodes, d’approches en tout genre visant nous aider mieux vivre, surmonter nos difficultés, changer.

Maître-praticien en PNL (programmation neuro-linguistique), j’ai, de par ma formation d’ingénieur et d’informaticien, vite compris ce que la PNL pouvait apporter dans son approche du changement et de la communication par la structure de notre expérience plutôt que par son contenu.

Malheureusement, cette prise de conscience fut très vite accompagnée d’une double déception.

La première est liée au fait que la PNL est sous-utilisée: beaucoup confondent la PNL proprement dite avec les techniques et outils qu’elle a produits, la ramenant ainsi au même niveau que de nombreuses autres approches qui apportent des solutions « prêtes changer » aux problèmes les plus courants.

La seconde qui est sans doute l’origine de la première est liée au caractère mercantile parfois fort marqué qui caractérise le monde de la PNL:

  • les formations coûtent cher et
  • le critère de profit maximal entraîne souvent cascades de superlatifs pour attirer un maximum de stagiaires dans des formations où le caractère fortement émotionnel masque souvent une légèreté de contenu.

C’est ainsi qu’est née l’idée de raviver la PNL et de la replacer au niveau qu’elle n’aurait jamais dû quitter, celui d’une méta-technique, d’une méta-approche qui, en soi, ne permet de rien faire directement mais bien de générer des moyens, modèles ou techniques qui permettront d’agir dans le domaine du changement personnel et de la communication.

La méta-PNL s’alimente de notre curiosité, de notre envie de découvrir, de nous nourrir de tout ce que nous offre la vie pour développer notre flexibilité et notre autonomie sélectionner nos informations et les intégrer dans notre savoir-être.

L’objet premier de la Méta-PNL est de modéliser pour apprendre apprendre (niveau 3 des niveaux d’apprentissage tels que décrits par G. Bateson dans « Vers une écologie de l’esprit »)

Le Projet Meta-PNL

La PNL est avant tout une démarche visant à travailler au niveau de la structure des compétences humaines par le processus de la modélisation.
C’est ainsi qu’on été développées de nombreuses techniques dans le domaine de la communication, du changement, etc.
La PNL est trop souvent limitées à ces techniques et la modélisation – même si beaucoup en parlent sans en faire – est écartée car non directement applicable (et sans doute ainsi commercialement peu rentable).
Sans renoncer aux techniques et à leur application dans de nombreux domaines, nous voulons au travers du « projet Méta-PNL » distinguer que la PNL peut se vivre à différents niveaux.
En distinguant à quel niveau nous utilisons la PNL nous découvrons de nouveaux choix et inévitablement plus de flexibilité. L’apprentissage des modèles les plus efficaces en est d’autant plus rapide.

Notre objectif:

  • Revenir au processus central qu’est la modélisation et le rendre accessible tous.
  • Transformer la PNL et la remettre en perspective en distinguant ses niveaux logiques.
  • Développer un champ de modélisation et de pratique l’image du réseau internet: ouvert tous

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Evolution De La PNL

Après 20 années d’existence qu’est devenue la PNL ?
Suivant une évolution assez courante elle s’est « chosifiée » et s’est progressivement enfermée dans un paradoxe étonnant: celui qui consiste à prendre la carte de ses modèles « classiques » pour le territoire.

Les livres et formations PNL se résument le plus souvent à un ensemble de modèles et de techniques exposés comme s’ils étaient « la » vérité, comme si les croyances et les stratégies existaient vraiment, comme si nous construisions réellement des images dans notre esprit (visuel construit), comme si nous entendions une voix intérieure (Auditif interne),…(note)

Les modèles PNL chosifiés peuvent devenir la source de nouvelles raideurs mentales. Sans remettre en cause l’efficacité de la plupart des modèles et techniques PNL, ce que propose la méta-PNL c’est de revenir à l’attitude de flexibilité caractéristique de la PNL et de générer un processus récursif qui consiste à appliquer la PNL à la PNL.

Cette démarche nous ramène au processus central qu’est la modélisation et se recentrer sur la fameuse attitude de flexibilité et de curiosité définie par Bandler.

La Méta-PNL se situe à un niveau logique différent de celui de la PNL telle qu’appréhendée aujourd’hui. Elle aborde des aspects qui forment le cadre dans lequel la PNL évolue (voir à ce sujet: le terme Méta et les niveaux logiques)

Un des points centraux de la Méta-PNL est la création de modèles génératifs.

La modélisation au sens large du mot est replacée au centre du débat. Ce processus relève d’une démarche créative et sans tabou dans un état d’esprit qui semble comparable à ce qu’ont pu vivre les créateurs de la PNL des premières heures.

Au début des années 70 John Grinder et Richard Bandler, les co-créateurs de la PNL ne disposaient pas de la PNL pour créer les premiers modèles de la PNL.
Ils sont partis d’un travail d’observation. Leur bagage intellectuel et leur expérience leur a permis de développer des modèles qui sont devenus les références actuelles de la PNL.

Remarquons en passant que Grinder et Bandler n’ont à proprement parler rien inventé ex nihilo. Ils ont combiné et assemblé des idées circulant à cette époque et ont ainsi généré des modèles opérants.

Ces modèles de base sont le méta-modèle du langage, les stratégies, le Milton-modèle, les systèmes de représentation et les clés d’accès oculaires. Ils ont donc inventé ces modèles à partir d’informations, d’idées, de concepts, le tout émergeant d’un travail précis d’observation et d’imitation des comportements efficaces des thérapeutes d’exception que furent Fritz Perls, Virgina Satir et Milton Erickson.

A partir de ces modèles, des techniques diverses ont été développées en assemblant et en réassemblant de toutes les manières les briques de base. Entre-temps d’autres modèles sont venus compléter les premiers. Citons en vrac les méta-programmes, les sous-modalités, le travail sur la ligne de temps.

Les quelques nouveaux modèles réellement innovants ne sont que les exceptions qui confirment la règle (citons par exemple le modèle des niveaux neuro-logiques de Dilts devenu entre-temps un ‘classique’ ou des techniques de la ligne du temps et plus récemment les méta-états).

Progressivement la PNL s’est enfermée dans un univers dominé par les modèles de base devenus les piliers d’un paradigme incontournable et incontesté recréant ainsi les limitations mêmes qu’elle se prétendait dénoncer.

Est-ce à dire que ces modèles ne sont pas pertinents ? Non bien sur mais à condition de ne pas leur demander plus qu’ils ne peuvent offrir et d’oser les remettre en question pour progresser dans notre compétence de modélisateur c’est-à-dire notre aptitude à distinguer une structure dans l’expérience humaine en vue d’en faciliter l’apprentissage.

Evolution Des Paradigmes

Dans de nombreux domaines des modèles explicatifs (des paradigmes) sont définis pour donner sens aux phénomènes observés.

Ces modèles sont appliqués de plus en plus largement et progressivement on se rend compte que les modèles présentent des lacunes. De là découle une insatisfaction et des tensions naissent entre les défenseurs du paradigme en place et les voix qui s’élèvent pour dénoncer les faiblesses du paradigme.

C’est en général à ce moment qu’une personne, dont le regard n’est pas encore déformé par le paradigme en cours, débarque. Il voit ce que les autres ne voient pas ou ne voient plus et propose un nouveau paradigme qui répond aux questions restées sans réponse. C’est le point de départ d’une révolution scientifique. (voir bibliographie, Thomas Kuhn)

On peut appliquer ce raisonnement à la PNL qui est née du regard innovateur et anticonformiste de ses deux co-créateurs. Ensuite des modèles et techniques d’intervention ont été développés pour répondre aux « résistances » qui rendaient les techniques antérieures inefficaces.

Les modèles ont gagné en complexité pour n’avoir pas orienté le débat sur les questions-clés. En coulant dans l’acier de ses certitudes les modèles dits ‘classiques’, la communauté PNL s’enlise dans un conformisme qui la raidit. Les techniques et modèles de base sont réifiées et les praticiens PNL voient des croyances, des stratégies, des sous-modalités partout, de la même manière que les adaptes des théories de Freud perçoivent l’expérience de leurs patient en terme de libido, de refoulement ou d’Œdipe.