Parfois, il vaut mieux de ne pas atteindre son objectif
Il était une fois un jeune homme qui rêvait grand. Chaque matin, devant son miroir, il répétait son objectif avec conviction. Il avait peut-être même formulé son objectif avec l’acronyme SMART dans son journal :
- Spécifique : Créer des dessins animés éducatifs pour les journaux
- Mesurable : Produire 10 animations par mois
- Atteignable : Il avait déjà un emploi dans un studio publicitaire
- Réaliste : Les journaux cherchaient du contenu innovant
- Temporel : Lancer sa première série dans 6 mois
Et s’il avait connu la PNL il aurait même :
- Visualisé son studio d’animation
- Créé une image mentale d’images de succès
- Écrit ses affirmations positives : “Je suis un artiste innovant et reconnu”
- Défini son état désiré : “Je révolutionne l’animation pour éduquer”
Le soir, après son travail au studio publicitaire, il passait des heures à dessiner dans son garage transformé en atelier. Il avait investi toutes ses économies dans du matériel d’animation. Sa technique était innovante : il mélangeait prises de vue réelles et animations pour créer des petits films éducatifs et amusants.
Mais quelque chose n’allait pas. Malgré ses efforts pour suivre son plan, ses dessins manquaient de vie. Ses personnages semblaient rigides, artificiels. Son chef au studio publicitaire lui répétait que ses idées étaient trop fantaisistes, pas assez commerciales. Il s’acharnait pourtant, suivant méticuleusement son planning, cochant ses objectifs quotidiens.
Un soir, épuisé, il s’endormit sur sa table de travail. Une souris, attirée par les miettes de son sandwich, se faufila entre ses crayons. À son réveil, il aperçut l’animal qui détalait. Au lieu de s’en effrayer, il fut fasciné par sa démarche, sa personnalité, sa… vivacité.
Cette nuit-là, il oublia tous ses objectifs “sérieux” d’animations éducatives. Il commença à dessiner cette souris, encore et encore. Il ne cherchait plus à faire des dessins “utiles” ou “éducatifs”. Il voulait simplement capturer cette étincelle de vie qu’il avait vue.
Ses collègues le trouvaient fou. “Qui voudrait regarder une souris anthropomorphique ?” disaient-ils. Son studio d’animation fait faillite. Son “échec” était total par rapport à ses objectifs initiaux.
Mais cette “souris” était différente de tout ce qu’il avait créé en suivant ses plans. Elle avait une âme, une personnalité. Elle faisait sourire les gens. Un producteur de passage remarqua ces croquis “inutiles” et y vit quelque chose de spécial.
Cette souris, née d’un “échec” à atteindre des objectifs raisonnables d’animations éducatives, s’appelait Mickey Mouse. Et ce jeune homme, Walt Disney, découvrit que son véritable talent n’était pas de créer des contenus éducatifs, mais de toucher le cœur des gens avec des personnages pleins de vie et d’émotion.
Son “échec” à suivre son plan initial l’avait conduit à quelque chose de bien plus grand : non pas simplement éduquer, mais enchanter des générations entières. En échouant à être “sérieux” et “raisonnable”, il avait trouvé sa véritable voie.
Cette histoire nous rappelle que parfois, nos “échecs” sont en réalité notre inconscient qui nous pousse vers notre véritable talent. Que derrière nos objectifs raisonnables se cache parfois un rêve plus grand, plus fou, plus vrai. Et que la magie opère souvent quand nous osons écouter cette petite voix qui nous fait dévier du chemin tout tracé.
Comme le disait Walt Disney lui-même plus tard : “Tout a commencé par une souris” – une souris qui n’aurait jamais existé s’il avait “réussi” à atteindre ses objectifs initiaux.

Pour en savoir plus sur “Les vertus de l’échec”, je vous conseille le livre de Charles Pépin









