Depuis plusieurs décennies, un récit dominant structure notre compréhension de l’évolution de la Programmation Neuro-Linguistique (PNL) : celui des “trois générations” successives, popularisé notamment par Robert Dilts. Cette conception linéaire du développement de la PNL s’est progressivement imposée comme un cadre explicatif privilégié, influençant profondément la manière dont les formations sont structurées et dont les praticiens se positionnent. Pourtant, cette vision mérite d’être questionnée, tant dans ses fondements que dans ses implications. Cet article propose d’examiner critiquement le modèle des générations avant de suggérer une conception alternative de l’évolution de la PNL.
Le modèle des générations : description et limites
La vision linéaire des trois générations
Le modèle des trois générations, développé par Robert Dilts, présente la PNL comme évoluant d’abord autour des comportements et techniques (1ère génération), puis intégrant les croyances et valeurs (2ème génération), pour finalement englober l’identité, la spiritualité et notamment les “champs” (3ème génération). Il s’agit avant tout de sa vision personnelle de l’évolution de la PNL, bien qu’elle soit souvent présentée comme une vérité établie.
Selon cette conception, la première génération, développée dans les années 1970 par Bandler et Grinder, se concentrait principalement sur les patterns comportementaux et linguistiques, avec des outils comme le méta-modèle, les systèmes de représentation et les ancrages. La deuxième génération, qui aurait émergé dans les années 1980, aurait élargi le champ d’application pour inclure le travail sur les croyances et les valeurs, avec des techniques comme la ligne du temps ou le recadrage de croyances. Enfin, la troisième génération, apparue après les années 1990, se caractériserait par une orientation plus systémique et spirituelle, avec un accent sur l’identité, les champs relationnels et l’auto-organisation.
Le lien avec les niveaux logiques
Ce qui est rarement souligné, c’est que cette classification en trois générations valide subtilement un autre modèle créé par Robert Dilts : celui des niveaux logiques. La correspondance est frappante :
- Première génération = niveaux environnement, comportement et capacités
- Deuxième génération = niveau croyances et valeurs
- Troisième génération = niveaux identité et spiritualité
Cette superposition n’est pas fortuite. Elle suggère que l’évolution “naturelle” de la PNL confirmerait la hiérarchie des niveaux logiques, alors que ce modèle est très peu contesté dans le domaine de la PNL “diltsienne” même s’il a fait l’objet de critiques de nombreux auteurs PNL (Christian Vanhenten a d’ailleurs proposé le modèle de la matrice de l’expérience comme alternative à ce modèle établi).
Limites et angles morts du modèle générationnel
Cette vision, bien que séduisante par sa simplicité, comporte plusieurs limitations significatives :
- Elle suggère implicitement que les approches plus récentes sont plus avancées ou plus complètes que les précédentes, créant une hiérarchie artificielle où la “troisième génération” serait supérieure aux précédentes.
- Elle impose une chronologie unique à des développements qui ont souvent été simultanés. De nombreuses innovations attribuées à la “deuxième” ou “troisième” génération étaient déjà en germe dans les travaux initiaux.
- Elle néglige la persistance et l’évolution continue des approches dites de “première génération”. Les techniques comportementales n’ont pas été supplantées mais ont continué à s’affiner parallèlement aux autres développements.
- Elle crée artificiellement des catégories distinctes là où existent souvent des continuités et des chevauchements. La pratique réelle de la PNL intègre généralement des éléments des trois “générations” sans distinction rigide.
- Elle comporte une dimension commerciale subtile en permettant de “rafraîchir” l’offre de formation et de présenter certaines approches comme étant “à la page” ou “de pointe”, quand il s’agit souvent d’une réorganisation de concepts existants.
En réalité, un praticien efficace travaille simultanément sur toutes ces dimensions (techniques, croyances, identité, champs) selon les besoins du contexte, sans les hiérarchiser. L’accent mis sur les “champs” dans la prétendue troisième génération n’est pas une avancée chronologique mais plutôt une perspective complémentaire qui existait déjà en filigrane dès les débuts de la PNL, notamment à travers l’influence de Bateson sur le développement initial de la discipline.
Comme le soulignait Gregory Bateson lui-même, l’un des inspirateurs majeurs de la PNL, “la carte n’est pas le territoire”. Le modèle des générations est une carte parmi d’autres possibles, et non le territoire complexe de l’évolution réelle de la PNL.
La PNL comme écosystème dynamique
Des courants parallèles plutôt que successifs
Plutôt que de penser la PNL en termes de générations qui se succèdent, nous pouvons l’envisager comme un écosystème où différents courants coexistent et s’enrichissent mutuellement :
Le courant pragmatique-technique continue de se développer autour de l’efficacité des interventions et de la précision méthodologique. Il n’a pas été “dépassé” par des approches plus récentes mais s’est enrichi et affiné au fil du temps. Richard Bandler lui-même, co-fondateur de la PNL, n’a jamais abandonné cette orientation et l’a développée avec le Design Human Engineering et la Neuro-Hypnotic Repatterning.
Le courant systémique-relationnel s’est développé en parallèle, en adaptant les principes de la PNL aux contextes d’interaction. Les travaux sur les positions perceptuelles, les niveaux logiques appliqués aux équipes, ou l’utilisation du méta-modèle dans la médiation témoignent de cette orientation.
Le courant exploratoire-intégratif a émergé de la rencontre entre la PNL et d’autres disciplines. Ce n’est pas tant une évolution qu’une hybridation créative. L’intégration des apports des neurosciences, de la théorie des systèmes complexes ou des pratiques contemplatives illustre cette dynamique.
Le courant des approches dérivées mais distinctes a vu plusieurs praticiens développer des méthodologies qui, tout en s’inspirant de la PNL, constituent des voies originales avec leur propre cohérence interne. La Neuro-Sémantique de Michael Hall, qui explore la réflexivité de la pensée et les méta-niveaux de signification, en est un exemple remarquable. Plutôt qu’une “évolution” de la PNL, elle représente une exploration approfondie de dimensions spécifiques déjà présentes en germe dans la PNL classique. De même, la Timeline Therapy de Tad James ou la Core Transformation de Connirae Andreas ne sont pas des “générations avancées” mais des explorations innovantes de territoires particuliers – respectivement la structure temporelle de l’expérience subjective et les transformations identitaires profondes – qui coexistent avec les autres approches plutôt que de les remplacer.
Ces courants ne représentent pas des étapes chronologiques mais des orientations qui se sont développées en parallèle, parfois portées par les mêmes praticiens selon les contextes d’application.
Des mouvements multidirectionnels
L’évolution de la PNL pourrait être mieux comprise comme un déploiement multidirectionnel :
L’expansion horizontale concerne l’application des principes fondamentaux de la PNL à des domaines variés : thérapie, éducation, management, sport, négociation, créativité… Cette expansion ne suit pas une progression verticale vers des niveaux “supérieurs” mais explore la pertinence des mêmes principes dans différents contextes.
L’approfondissement vertical représente l’investigation plus poussée des mécanismes sous-jacents aux processus déjà identifiés. Par exemple, la compréhension des sous-modalités s’est approfondie grâce à une meilleure connaissance des processus perceptifs, sans nécessairement changer de niveau logique.
La métamorphose contextuelle reconnaît que la PNL se transforme selon les contextes culturels et sociaux où elle s’implante. La PNL pratiquée au Japon, au Brésil ou en France développe des caractéristiques distinctives qui reflètent les cultures locales, sans qu’une forme soit intrinsèquement “plus avancée” qu’une autre.
Cette vision est beaucoup plus riche qu’une simple ligne droite qui suivrait la hiérarchie des niveaux logiques proposée par Dilts.
Des cycles d’innovation non-linéaires
L’innovation en PNL semble suivre des cycles qui ne s’inscrivent pas dans une progression linéaire:
Le cycle d’observation-modélisation ramène périodiquement la PNL à ses racines: l’observation directe de l’excellence. Après des périodes d’élaboration théorique, on assiste souvent à un retour au terrain et à la modélisation de nouvelles formes d’excellence, comme le faisaient initialement Bandler et Grinder.
Le cycle de simplification-complexification montre une alternance entre des périodes où prédomine le développement de cadres théoriques sophistiqués et des périodes de retour à la simplicité opérationnelle. Cette dynamique rappelle que complexité et simplicité sont complémentaires plutôt qu’opposées.
Le cycle d’intégration-différenciation révèle une oscillation entre des tendances à incorporer des apports d’autres disciplines et des mouvements de retour aux spécificités fondamentales de la PNL, pour préserver son identité distinctive.
Ces cycles suggèrent une évolution qui n’est pas linéaire mais spiralée, revisitant périodiquement des thèmes similaires à des niveaux de compréhension différents.
Les axes de développement non-hiérarchiques
Pour mieux comprendre la diversité des approches en PNL, nous pouvons identifier plusieurs axes de développement qui ne sont pas ordonnés hiérarchiquement mais représentent différentes dimensions d’exploration.
L’axe méthodologique
Cet axe concerne la façon dont les praticiens abordent leur pratique :
- L’approche empirique se fonde sur l’observation directe et l’expérimentation. Elle privilégie ce qui est observable et mesurable dans le comportement.
- L’approche phénoménologique se centre sur l’expérience subjective et la façon dont elle est structurée. Elle explore les dimensions qualitatives de l’expérience.
- L’approche dialogique met l’accent sur la co-construction du sens dans l’interaction. Elle reconnaît que le changement émerge dans la relation plutôt que d’être “appliqué” par le praticien.
Ces approches ne sont pas mutuellement exclusives ni hiérarchiquement organisées. Un praticien expérimenté peut naviguer entre elles selon les besoins du contexte.
L’axe épistémologique
L’axe épistémologique concerne les fondements philosophiques qui sous-tendent la pratique :
- Le pragmatisme évalue les idées et les techniques à l’aune de leur utilité pratique. “Est vrai ce qui fonctionne” pourrait être sa devise, en écho à William James.
- Le constructivisme considère que la réalité n’est pas découverte mais construite. Il met l’accent sur les processus par lesquels nous élaborons nos représentations du monde.
- Le connectivisme envisage la connaissance comme distribuée dans un réseau de connexions. Il s’intéresse aux patterns relationnels plutôt qu’aux contenus isolés.
Ces positions épistémologiques coexistent dans le champ de la PNL et offrent des éclairages complémentaires plutôt que concurrents.
L’axe applicatif
L’axe applicatif distingue différentes orientations dans l’utilisation de la PNL :
- Les applications transformatives visent le changement personnel. Elles incluent le travail thérapeutique, la résolution de problèmes et le développement de capacités spécifiques.
- Les applications génératives se concentrent sur la création de nouvelles possibilités. Elles concernent la créativité, l’innovation et l’exploration de territoires inconnus.
- Les applications participatives s’intéressent aux processus collectifs. Elles englobent la facilitation de groupes, la résolution de conflits et le développement organisationnel.
Ces orientations répondent à différents besoins et contextes. Aucune n’est intrinsèquement supérieure aux autres ; leur pertinence dépend des objectifs poursuivis.
Vers une PNL rhizomatique
Pour conceptualiser cette vision alternative, la métaphore du rhizome, développée par les philosophes Gilles Deleuze et Félix Guattari, s’avère particulièrement pertinente. Contrairement à l’arbre avec ses racines, son tronc et ses branches hiérarchisées (qui ressemble étrangement au modèle des niveaux logiques de Dilts), le rhizome est un réseau souterrain de connexions multiples, sans centre défini, où chaque point peut être connecté à n’importe quel autre.
Cette conception contraste fortement avec la vision des générations successives qui suggère qu’il faudrait abandonner les approches antérieures pour adopter les plus récentes. Dans une perspective rhizomatique, les différentes dimensions de la PNL – techniques comportementales, travail sur les croyances, exploration de l’identité, conscience des champs – coexistent et s’entrecroisent, devant toutes être mobilisées selon les besoins spécifiques de chaque situation. Il ne s’agit pas d’être “à la page” en adoptant la dernière génération à la mode, mais d’avoir accès à la richesse complète de l’écosystème PNL.
Une PNL rhizomatique présenterait les caractéristiques suivantes :
- Principes de connexion et d’hétérogénéité : Tout point du rhizome peut être connecté à n’importe quel autre. Dans cette perspective, les différentes approches de la PNL sont interconnectées sans hiérarchie prédéfinie.
- Principe de multiplicité : Il n’y a pas d’unité qui servirait de pivot dans le rhizome. La PNL rhizomatique reconnaît la coexistence de multiplicités irréductibles à une unité fondamentale.
- Principe de rupture asignifiante : Un rhizome peut être rompu en un endroit quelconque, il reprendra selon d’autres lignes. Ainsi, la PNL peut connaître des ruptures et des discontinuités sans que cela compromette l’ensemble du système.
- Principe de cartographie et de décalcomanie : Le rhizome n’est pas un modèle mais une carte toujours ouverte, connectablE dans toutes ses dimensions. La PNL rhizomatique se construit comme une cartographie dynamique plutôt que comme un calque de la réalité.
Cette vision rhizomatique offre plusieurs avantages :
- Elle valorise la diversité des approches sans hiérarchisation implicite
- Elle reconnaît la simultanéité des développements dans différentes directions
- Elle respecte la pluralité des contributions sans imposer un récit évolutionniste
- Elle permet d’envisager un futur ouvert où les innovations peuvent émerger de n’importe quel point du réseau
Implications pratiques
Cette reconceptualisation de la PNL a des implications concrètes pour les praticiens, les formateurs et la communauté dans son ensemble.
Pour les praticiens
- Libération de la pression normative : Se libérer de l’idée qu’il faut pratiquer une PNL de “dernière génération” pour être à jour
- Éclectisme réfléchi : Puiser dans différentes approches selon les besoins spécifiques plutôt que par adhésion à une école particulière
- Innovation distribuée : Se sentir légitimes pour innover à partir de sa propre pratique, quelle que soit sa position dans le champ
- Intégration personnalisée : S’inspirer librement des approches comme la Neuro-Sémantique de Hall, la Timeline Therapy de James ou la Core Transformation d’Andreas non pas comme des “évolutions obligatoires” mais comme des ressources complémentaires à intégrer selon sa sensibilité et les besoins du contexte
Pour les formateurs
- Présentation non-hiérarchique : Présenter les différentes approches de la PNL comme des options complémentaires plutôt que comme des étapes évolutives
- Contextualisation historique : Situer les développements dans leur contexte historique sans imposer une narration téléologique
- Encouragement à la pensée critique : Inviter les apprenants à développer leur propre compréhension de la PNL plutôt qu’à adopter un cadre prédéfini
- Cartographie des connexions : Montrer les liens entre les approches classiques et les développements comme la Neuro-Sémantique ou la Core Transformation, en soulignant leurs apports spécifiques sans les hiérarchiser
Pour la communauté
- Gouvernance distribuée : Développer des modèles organisationnels qui reflètent cette vision rhizomatique plutôt que hiérarchique
- Dialogue transdisciplinaire : Favoriser le dialogue entre praticiens de différentes orientations sans préjuger de leur valeur relative
- Documentation collaborative : Construire collectivement une cartographie dynamique du champ qui reflète sa complexité
Le retour aux fondamentaux : la modélisation comme essence
Au-delà des débats sur les générations ou les orientations de la PNL, il paraît essentiel de revenir à ce qui constitue son cœur véritable : la modélisation de la structure de l’expérience subjective. Cette dimension fondatrice, parfois éclipsée par la prolifération des techniques et des théories, mérite d’être remise au centre de notre compréhension.
La modélisation comme essence transversale
La PNL est née d’une démarche de modélisation : Bandler et Grinder ont observé des thérapeutes d’exception pour décrire les structures sous-jacentes à leur efficacité. Cette approche n’était pas une technique parmi d’autres mais bien l’essence même de leur projet. Comme le soulignait John Grinder : “La PNL est l’étude de la structure de l’expérience subjective, rien de plus, rien de moins.”
Cette définition fondamentale transcende les classifications en générations ou en courants. Qu’il s’agisse d’explorer des patterns comportementaux, des structures de croyances, des dynamiques identitaires ou des champs relationnels, la démarche reste la même : observer, décrire, modéliser les patterns qui organisent l’expérience.
Une méthodologie plutôt qu’un contenu
Vue sous cet angle, la PNL apparaît moins comme un ensemble de techniques ou de théories que comme une méthodologie d’exploration. Les techniques ne sont que des produits de cette méthodologie, et non son essence. Ce qui distingue fondamentalement la PNL d’autres approches n’est pas tant son contenu que sa démarche épistémologique.
Cette perspective relativise considérablement l’importance des “générations” : les différentes expressions de la PNL ne représentent pas tant des évolutions successives que des applications diverses d’une même méthodologie fondamentale à différents niveaux d’organisation de l’expérience.
La modélisation dans une perspective rhizomatique
Dans une conception rhizomatique, la modélisation reste le processus central, mais elle s’applique simultanément à différentes dimensions de l’expérience, sans hiérarchie préétablie :
- Modélisation des patterns sensoriels et comportementaux
- Modélisation des structures cognitives et des croyances
- Modélisation des dynamiques identitaires
- Modélisation des champs relationnels et systémiques
- Modélisation des processus d’émergence et d’auto-organisation
Ces différentes focalisations ne constituent pas des “niveaux” hiérarchiques mais des dimensions complémentaires de l’expérience, toutes accessibles simultanément via la même méthodologie fondamentale.
La modélisation comme pratique d’excellence
Revenir à la modélisation comme essence de la PNL permet également de reconnecter cette discipline avec sa vocation d’excellence. Plutôt que de se focaliser sur l’application de techniques standardisées ou de suivre un modèle préétabli comme celui des niveaux logiques, la pratique de la modélisation invite à une observation fine et créative, à une curiosité perpétuelle pour les patterns qui organisent l’expérience.
Cette posture d’exploration perpétuelle représente peut-être la contribution la plus précieuse de la PNL : non pas un ensemble figé de techniques ou de théories, mais une invitation permanente à observer, décrire et comprendre la structure de notre expérience du monde.
Conclusion : une PNL plurielle et évolutive
La vision rhizomatique proposée ici ne prétend pas remplacer complètement le modèle des générations de Robert Dilts mais offre une perspective complémentaire, plus adaptée à la complexité réelle du développement de la PNL. Elle invite à reconnaître la pluralité des approches, la simultanéité des développements et la non-linéarité des processus d’innovation.
Cette reconceptualisation nous libère de l’illusion qu’il existerait une forme de PNL “plus avancée” que les autres. La notion de “champs” mise en avant dans la supposée troisième génération, par exemple, n’est pas intrinsèquement supérieure aux approches comportementales ou cognitives; elle représente une dimension complémentaire qu’un praticien compétent doit savoir mobiliser au même titre que les autres. L’excellence en PNL réside précisément dans la capacité à travailler simultanément sur toutes ces dimensions, en fonction des besoins spécifiques de chaque contexte.
Cette vision est particulièrement pertinente dans le contexte contemporain, caractérisé par la complexité, l’interconnexion et l’émergence. Elle résonne avec l’esprit initial de la PNL qui, comme le rappelaient Bandler et Grinder, n’était pas conçue comme un corpus dogmatique mais comme une invitation à explorer la structure de l’expérience subjective.
Une PNL rhizomatique serait ainsi fidèle à l’intuition fondatrice de ses créateurs tout en s’ouvrant aux défis et aux opportunités du 21ème siècle. Elle permettrait de préserver ce qui fait la force de la PNL – son pragmatisme, sa précision méthodologique, son ouverture à l’innovation – tout en l’enrichissant par une compréhension plus nuancée de son propre développement. Elle nous affranchirait également des cycles commerciaux de “renouvellement” qui présentent régulièrement de “nouvelles générations” pour stimuler le marché de la formation, au profit d’une évolution organique et distribuée.
En définitive, il ne s’agit pas de rejeter le modèle des générations mais de le situer comme une perspective parmi d’autres possibles, une carte utile dans certains contextes mais insuffisante pour rendre compte de la richesse et de la complexité du territoire. Dans l’esprit même de la PNL, multiplier les cartes nous permet d’enrichir notre compréhension du territoire et d’élargir notre capacité à le naviguer avec flexibilité et créativité.
À propos de l’auteur
Christian Vanhenten est maître praticien en PNL depuis 1997 et se passionne particulièrement pour la modélisation, domaine dans lequel il développe continuellement son expertise. Fondateur de l’Atelier PNL, il anime une communauté ouverte visant à favoriser le développement personnel et professionnel à travers les échanges et le partage. Sa vision s’inspire de la logique collaborative que l’on retrouve dans le développement des logiciels libres, où l’intelligence collective et la contribution de chacun enrichissent le savoir commun.
Cet article s’inscrit dans une réflexion continue sur l’évolution des pratiques en PNL et invite la communauté à poursuivre ce dialogue. L’auteur accueille les commentaires, critiques et suggestions qui permettraient d’enrichir cette vision alternative.








